À Montauban, un arrêté municipal autorise la réouverture des commerces « non essentiels », la préfecture le juge illégal

Brigitte Barèges, la maire de Montauban, a promulgué ce vendredi soir un arrêté visant à réouvrir les commerces dits « non essentiels ». Un arrêté totalement illégal selon la préfecture qui somme la maire de le retirer et prévoit des sanctions pour les commerçants qui ouvriraient leurs établissements.


Brigitte Barèges n’en finit pas d’aller à l’encontre du gouvernement, notamment lorsqu’il s’agit du coronavirus. L’édile a promulgué ce vendredi soir un arrêté visant à autoriser la réouverture des commerces « non-alimentaires et non-essentiels ». Dans un communiqué publié ce vendredi soir, la mairie stipule que les rayons « des supermarchés et hypermarchés ne sont pas fermés, que les sites de vente en ligne de produits jugés « non-essentiels » tournent également à plein régime, tous les commerces de proximité ont baissé le rideau à l’heure du re-confinement.

Dans un contexte difficile et une santé économique dégradée depuis de longs mois, les commerces de Montauban connaissent de très importantes difficultés. De manière exemplaire, ils ont mis en place toutes les mesures sanitaires nécessaires à exercer leurs activités en toute sécurité en période de déconfinement. C’est avec confiance et plaisir que nos populations se rendent régulièrement dans ces commerces ».


Des décisions révoltantes

Selon la mairesse de Montauban, « les décisions de fermeture du plus grand nombre d’entre eux me révoltent. Il est anormal de pouvoir continuer à acheter par exemple des vêtements sur des sites marchands ou en grande surface, et ne plus pouvoir se rendre chez nos commerçants de proximité ». Avec cet arrêté, Brigitte Barèges veut se démarquer des autres maires et pense « combler la faille de l’arrêté ministériel qui laisse le champ libre à la grande distribution et aux géants de la vente en ligne : les magasins non-alimentaires pourront reprendre leur activité jusqu’à ce que l’égalité de traitement soit rétablie ».


Une rhétorique rapidement battue en brèche par la préfecture qui rappelle que cet arrêté et l’ouverture de ces commerces cités sont « strictement illégaux ». Bernard Burckel, directeur de cabinet du préfet prévient que ce dernier « prendra un référé s’il n’y a pas de retrait de la mairie sur cet arrêté » et que « les commerces ouverts illégalement pourront être verbalisés ». De quoi tendre un peu plus l’ambiance à Montauban.

source / la dépêche

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