Gros malaise social à l’hôpital de Montauban

 

L'hôpital de Montauban en déficit

 

Le CET (Comité d’établissement technique) du jeudi 4 octobre provoque une belle ébullition au sein du centre hospitalier. L’intersyndicale a d’ailleurs appelé ces jours derniers à un mouvement de protestation dans la cour d’honneur, quelques minutes avant l’ouverture de la séance. Fort de ces 1 800 employés et de ses 129 millions d’€ de budget annuel (dont 87 consacrés à la masse salariale du personnel), le CH va être doté, vraisemblablement en tout début d’année prochaine, d’un nouveau logiciel de gestion de travail du personnel. Un outil qui, dans sa déclinaison propre, a provoqué, lors du dernier CET du 19 septembre, une vive réaction de l’intersyndicale (voir ci-contre). Intersyndicale qui s’est élevée contre plusieurs projets de décision directionnelle. Notamment au niveau des 2 jours d’ATT et de la nouvelle organisation programmée pour les cadres et les cadres supérieurs, sans oublier le dossier lié à l’application stricte des 35 heures. «Pour les 2 jours d’AAT, on a décidé, après le CET du 19 septembre, de ne pas s’y opposer et de les conserver en l’état, avance le directeur du CH Joachim Bixquert, en ce qui concerne le maintien des 35 heures au lieu des 39 heures demandés avec des jours de récupération pour compenser le surplus d’heures, on ne changera pas pour ne pas perturber les services. C’est surtout à la demande des cadres que nous allons prendre cette décision afin de ne pas créer trop de déséquilibres sur plusieurs points de l’établissement. En ce qui concerne le décompte du temps de travail des cadres, ils sont actuellement sur des horaires et nous ne parlons plus en jours. Je ne suis pas là pour les contrôler. L’objectif poursuivi, c’est que les choses puissent mieux fonctionner et nous pensons que les modifications apportées devraient aller dans ce sens-là. D’ailleurs, les cadres et cadres supérieurs ont édifié un e charte de fonctionnement pour tenter de rationaliser les choses car, aujourd’hui, ils passent quasiment 70 % de leur temps à gérer des problèmes de planning qui changent tous les jours ou presque. Il faut faire en sorte que tout le monde soit traité à la même enseigne, tout en harmonisant les règles de fonctionnement de l’hôpital.»

Le problème du sous-effectif

Dénoncé à maintes reprises par les représentants de l’intersyndicale il semble être au cœur même des divergences qui rythment le quotidien du CH. Son directeur livre cette explication sur ce sujet sensible : «En 2010, lorsque je suis arrivé, je me suis trouvé en présence d’un nombre de postes considérables qui n’étaient pas pourvus. Ce n’est plus le cas à l’heure actuelle. Il faut également bien comprendre que les absences de courte durée sont difficiles à gérer car c’est assez compliqué de trouver des remplaçants de qualité. Sur le pool fixe de remplaçants possibles, ce sont toujours les mêmes qui reviennent pour différentes raisons et il est certain que ce pool a besoin d’être étoffé mais ce n’est pas chose évidente.» Pour ce qui est des heures supplémentaires qui provoquent également la montée au créneau de l’intersyndicale, Joachim Bixquert fournit cette explication : «En 2010, on m’a demandé de régler les heures supplémentaires et les jours qui étaient dus aux agents. En 2010, on a réglé 20 % en 2011 autant. En 2012, on va essayer de remettre tout ça à plat avec les organisations syndicales tout en travaillant sur la limitation de la production des heures supplémentaires. On est en train de plancher sur un modèle afin d’éviter de faire trop de rappels de personnels en place en sachant que le zéro absence n’existera jamais». Et de conclure ainsi : «Je souhaite que nous arrivions à trouver un équilibre tous ensemble». Réponse jeudi.


Quels sont leurs motifs ?

Yannick Petitou, Montauban, Délégué CGT, 54 ans

La direction profite de la situation précaire d’une certaine catégorie du personnel pour l’exploiter encore plus. Les gens qui n’ont pas droit aux RTT et qui effectuent des heures supplémentaires ne récupèrent rien dans la majorité des cas. La direction ne respecte pas l’essentiel de nos droits et ils mettent en cause le peu de droits que nous possédons. Il faut trouver de vraies solutions maintenant.


Marie-Claude Hermet, Montauban, Déléguée CFDT, 56 ans

Les fiches d’alerte se multiplient ces derniers temps dans beaucoup de services. Il faut toujours travailler à fond et ça comporte beaucoup de risques. En ce qui concerne le dépassement du temps de travail, il y a un an de cela, l’hôpital devait 57 000 heures de travail aux agents. Lors des 3 mois d’été, près de 300 jours d’arrêt de maladie de plus que l’année précédente ont été enregistrés. C’est édifiant !


Agnès Seguela, Montauban, Déléguée FO, 47 ans

C’est vrai qu’au-delà de la remise en cause d’une partie de nos droits par la direction de l’établissement, il existe de multiples problèmes qui perdurent depuis des mois, voire des années. Il apparaît, pour nous, que l’augmentation de la charge de travail a été constante ces derniers temps. Il est évident que l’établissement est en sous-effectif et que le manque de personnel est de plus en plus inquiétant.

 

 

Jean-Philippe Laulan

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