Routier tué par les gendarmes près de Montauban : le récit de la folle course-poursuite

Le gendarme avait tué un chauffeur routier sur l’autoroute A20 à Montauban vendredi 7 août. (MANUEL MASSIP / MAXPPP)

Tué par balle au volant de son poids lourd. Voilà deux semaines, jour pour jour, un camion était stoppé dans sa course folle entre Grisolles et Montauban. Auguste Magalhaes, un homme âgé de 35 ans, d’origine portugaise était ainsi abattu, le vendredi 7 août, par un adjudant du peloton motorisé de la gendarmerie après 11 km de course-poursuite.https://d-21677688741313269829.ampproject.net/2007302351001/frame.html


Deux enquêtes préliminaires restent aujourd’hui ouvertes : l’une confiée à la section de recherches de Toulouse et visant le chauffeur tué pour « refus d’obtempérer avec mise en danger de la vie d’autrui et tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique », l’autre, à l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) afin de déterminer s’il y a faute du gendarme.

Selon les éléments d’enquête, les premières constatations ont éloigné la thèse d’une « bavure ». L’adjudant de gendarmerie est sorti de garde à vue le dimanche. Et le lundi, le procureur a déclaré : « les résultats de l‘autopsie sont compatibles avec les déclarations du gendarme qui a expliqué qu’il a fait feu tout en marchant rapidement à côté du camion, au niveau de la portière du passager. »


Au fil des kilomètres, le danger monte

En ce vendredi 7 août, il est 15 h 20, aux abords de la discothèque de Grisolles. Le « 38 t » qui transportait des colis pour la Poste est arrêté par les gendarmes après avoir emprunté une voie en sens interdit. Le conducteur est aussitôt testé positif à la cocaïne. Puissant excitant, ce produit stupéfiant entraîne une certaine euphorie, peut rendre la conduite au volant agressive et aussi provoquer des fautes d’inattention. Sous une température caniculaire, le routier, qui n’a plus, non plus, de points sur son permis de conduire, demande à pouvoir se mettre au frais dans la cabine. Dans un premier temps, « il ne bouge pas. »

Mais tout bascule avec l’arrivée de renforts de gendarmerie du PMO. Le camion démarre. Un gendarme le met en joue avec son arme, sans tirer.


La course-poursuite est alors partie, direction Montauban, par le D 820. Les gendarmes s’emploient à convaincre le chauffeur fou de s’arrêter, tout en essayant de sécuriser le trajet pour éviter les collisions avec les véhicules arrivant en face, en direction de la Haute-Garonne. Au premier rond-point de Canals, les militaires jettent des mini-herses. Des pneus éclatent. Mais le camion continue sa route, à vive allure.. Au fil des kilomètres, le danger monte d’un cran. La circulation se fait plus dense à mesure que le convoi s’approche de Montauban. Après le grand rond-point de la zone de logistique de Montbartier, les forces de l’ordre n’ont plus qu’un seul but : stopper ce poids lourd avant qu’il ne devienne une menace pour tous les usagers de la rocade de Montauban ou du péage de l’A 62 (Montauban sud). Au dernier rond-point, quatre gendarmes appelés en renfort vont, une nouvelle fois, le mettre en joue. Sans succès.

Arrivé sur les lieux au volant de sa voiture banalisée, le capitaine de l’Escadron départemental de sécurité routière prend ensuite les opérations en main. Après l’échec d’une ultime négociation, l’officier de gendarmerie se placedevant et se fait percuter par le poids lourd afin de l’empêcher de s’engager sur la bretelle autoroutière. La voiture reste alors accrochée au camion et ralentit sa course.

Pendant ce temps, l’adjudant du PRO qui suit, double à son tour l’ensemble routier. Après être descendu de son véhicule, le militaire sort son arme. Quatre balles sont tirées. Le gendarme a atteint sa cible à deux reprises sur le flanc droit, tout en marchant rapidement à côté du camion. L’un des deux impacts est mortel. Aussitôt, le corps est sorti de la cabine. Il est 16 h 20. Toutes les tentatives de réanimation vont échouer. Puis le camion va prendre feu. A 17 h 15, le décès du chauffeur est prononcé.

De la cocaïne dans le sang

Le parquet de Montauban vient de prendre connaissance des résultats des analyses toxicologiques réalisées sur le chauffeur-routier. Ils sont sans appel et indiquent bien la présence de cocaïne dans le sang. Pour l’heure, le procureur n’a pas souhaité s’exprimer sur le taux précisément relevé, mais a confirmé « que le conducteur était sous influence de la cocaïne, et d’une autre substance destinée à couper de la cocaïne. »

En revanche, les analyses de sang sont négatives pour l’alcool.

source : la dépêche

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