Tarn-et-Garonne : un employé municipal de Montauban interpellé par la DGSI et visé par une enquête du parquet antiterroriste

AFP PHOTO / THOMAS SAMSON


Suspecté d’appel à la violence à caractère antisémite et raciste via une messagerie cryptée, un fonctionnaire de la mairie de Montauban a été interpellé et placé en garde à vue par les services de la DGSI, ce mardi 16 novembre. Des armes de guerre auraient été retrouvées au domicile du suspect qui appartiendrait à la mouvance radicale de l’ultradroite survivaliste. Le parquet national antiterroriste (PNAT) à Paris a ouvert une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « provocation directe à un acte terroriste ». 


Arrivés discrètement de leur siège à Levallois-Perret, des agents de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont procédé, à un coup de filet à Montauban, très tôt ce mardi matin. Dans leur collimateur, un Montalbanais de 46 ans qui appartiendrait ou serait un sympathisant de la mouvance radicale de l’ultradroite survivaliste.


Très actif sur un forum d’échange sur la messagerie cryptée Télégram – une application qu’utilisaient les jihadistes de Daesh – le quadragénaire aurait été repéré par les experts en cybercriminalité de la sécurité intérieure. Ces propos et appels à un passage à l’acte violent imminent ont suffisamment inquiété les magistrats du parquet national antiterroriste (PNAT) de Paris pour qu’ils ouvrent une enquête préliminaire. «Cette dernière a démarré ce matin, nous indique une source judiciaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et provocation directe à un acte terroriste». Des faits graves présumés qui feraient suite à une « propagande à caractère raciste et antisémite et prônant des actes de violences », confirme la même source.

Après cette arrestation à l’heure du laitier chemin de Matras au nord de Montauban, les agents du renseignement intérieur ont passé la journée à perquisitionner le domicile du suspect. Les fouilles, toujours selon nos informations, auraient été concluantes pour les enquêteurs. Des armes de guerre auraient été, en effet, découvertes sans que l’information ne nous ait été confirmée à cette heure. Nul doute aussi que les agents de la DGSI ont récupéré tout le matériel numérique du quadragénaire afin de le passer plus tard au peigne fin dans leurs services.


Le maire de Montauban informé de l’interpellation

Le parquet de Montauban qui a été informé de cette interpellation, ne fait aucun commentaire laissant la prérogative au PNAT de communiquer ultérieurement. Selon nos informations, le suspect serait un agent territorial de la commune de Montauban âgé de 46 ans. Joint par nos soins, le maire de Montauban a confirmé avoir été informé ce matin par la préfète de Tarn-et-Garonne Chantal Mauchet de cette interpellation pouvant concerner l’un de ses employés municipaux. « Le nom qui m’a été communiqué par la préfecture est bien celui de l’un de nos agents », confirme Axel de Labriolle demeurant toutefois en l’état des informations dont il dispose très prudent. Le maire indique, en effet, n’avoir « pas pu vérifier la date de naissance du suspect avec celle de notre agent portant ce nom: il pourrait s’agir aussi d’un homonyme ». 

En début de soirée, le mis en cause a été conduit au commissariat de police de Montauban où son avocat l’attendait pour l’assister. Le PNAT devait également en profiter pour ordonner une prolongation de sa garde à vue avant son probable transfert demain matin dans les locaux de la DGSI, à Levallois-Perret. L’interrogatoire du prévenu n’en est qu’à ses débuts dans le cadre d’une procédure pour terrorisme, la garde à vue peut se prolonger durant 96 heures.

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