Montauban un forcené fonce sur un policier avec un couteau et se fait tirer dessus

(Photo d’illustration) – AFP

Armé d’un couteau de cuisine, un individu a foncé sur un policier à Montauban. Ce dernier qui avait sorti son arme de service, a tiré à deux reprises dans sa direction alors qu’il était acculé par le forcené. Il ne l’a toutefois pas blessé. L’individu, sous l’emprise de la cocaïne, a été interpellé plus tard non sans avoir été tasé. Il a été déféré au palais de justice dimanche soir et mis en examen pour tentative d’homicide sur un policier.


La scène qui s’est jouée vendredi 12 mars au soir, rue Frédéric-Cayrou dans le quartier de Beausoleil haut à Montauban (Tarn-et-Garonne), entre un homme armé d’un couteau de cuisine voulant voir sa fille chez son ex-compagne, et les policiers tentant de le calmer, a bien failli se finir dans un bain de sang.


Alertée par une femme signalant que son ex-concubin et père de leur fille de quinze ans, est devant chez elle dans un état d’excitation sévère, une patrouille de police du GSP (groupe de sécurité de proximité) se porte sur les lieux. Face à eux, l’individu qui, loin de se calmer en les voyant, sort de son sac à dos, un couteau de cuisine de 20 centimètres. L’homme qui ne semble pas dans son état normal, se fait de plus en plus menaçant avec son arme blanche. Les fonctionnaires appellent alors des renforts.


Le policier lui tire deux fois dessus

À leur arrivée, l’individu hurle à l’un des policiers vers lequel il fonce son couteau à la main : « Je vais te tuer ! » L’un de ces fonctionnaires en civil qui a sorti son arme de service, recule alors que le forcené est en passe de lui mettre un coup de couteau, il tire alors deux fois en sa direction sans le toucher.

Le forcené n’en est pas pour autant calmé, tasé par les autres policiers, rien n’y fait. « Cela n’a eu aucun effet sur lui, il s’est lui-même retiré les croisillons (des dards projetés par le pistolet à impulsions électriques des policiers) », indique le procureur de la République, Laurent Czernik. Le suspect se met à courir pour prendre la fuite, et lâche son couteau au sol. Il est finalement appréhendé non sans mal aux alentours de 19 h 30.


Après avoir été vu par un médecin, son état étant jugé compatible pour être auditionné, le mis en cause a été placé en garde à vue au commissariat. Ce dernier nie avoir voulu tuer le policier qui a fait feu sur lui. Il dit, explique le procureur « qu’il ne voulait que s’en prendre à lui-même, qu’il était désespéré de ne pas pouvoir voir sa fille ». L’homme connu de la justice pour son addiction à l’héroïne, et plus récemment à la cocaïne, s’était, en effet, scarifié l’avant-bas avec son couteau durant l’altercation avec les forces de l’ordre. Le quadragénaire a avoué durant sa garde à vue avoir pris de la cocaïne.


Mis en examen pour tentative d’homicide sur un policier

Au terme de près de quarante-huit heures de garde à vue, le Montalbanais de 41 ans, originaire d’Haubourdin (Nord) et au casier chargé de onze mentions, a été déféré au palais de justice, dimanche soir.

Devant la gravité des faits, le procureur Czernik a décidé de criminaliser le dossier en requérant l’ouverture d’une information judiciaire pour tentative d’homicide sur une personne dépositaire de l’autorité publique ainsi que pour des violences avec arme sans ITT (incapacité totale de travail) vis-à-vis des sept autres policiers présents. Après sa mise en examen par l’une des juges d’instruction montalbanaise, le prévenu a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Beausoleil dans la soirée.

Joint par nos soins, son avocat reste prudent sur la qualification criminelle des faits. « Il n’y a rien, à cette heure, qui démontre l’intention homicide de mon client », garantit Me Jérémie Gloriès qui entend réclamer une expertise psychiatrique ainsi que d’autres éléments d’enquête à la juge d’instruction. Il entend ainsi demander notamment si les policiers étaient équipés de caméras individuelles durant leur intervention ou s’il y a dans le quartier des caméras de vidéosurveillance susceptible d’avoir filmé les faits. « Ce qui est sûr, c’est que mon client qui est psychologiquement fragile, est complètement dépassé par la situation et par la qualification criminelle des faits », confirme l’avocat montalbanais assurant que « l’on a frôlé le drame… Mon client a eu beaucoup de chance que les tirs ne le touchent pas ».

Les syndicats de police réclament plus de moyens

Les syndicats de police Alliance et CFE – CGC ont tenu dans un communiqué à saluer le « sang froid et le professionnalisme » de leurs collègues et apportent surtout leur soutien « au policier victime de cette tentative d’homicide ». Ils félicitent aussi le procureur de la République de Montauban d’avoir « retenu la tentative d’homicide qui permettra, nous l’espérons, une sanction à la hauteur des faits reprochés. »

Une affaire qui réveille aussi chez les représentants syndicaux de police des interrogations. « On ne peut que s’inquiéter du manque d’effectifs sur le commissariat de Montauban et s’étonner qu’un équipage spécialisé, tel que le GSP, ne soit composé que de deux fonctionnaires alors même que cette unité est appelée en priorité sur les interventions les plus périlleuses », fait remarquer le représentant du syndicat Alliance concluant son communiqué en « demandant un renfort urgent de policiers sur le Tarn-et-Garonne afin de renforcer toutes les unités de voie publique mais également d’investigation. »

source : la dépêche

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